Mamie Rose est une charmante dame de 85 ans, passionnée par les plantes et par le jardin que lui a laissé son père.
Aujourd'hui, étant un peu fatiguée pour entretenir ce grand jardin, elle se fait aider par sa fille Monique qui organise des visites avec repas et ambiance familiale.
Ce qui permet de palier aux frais d'entretien du jardin.
Ce jardin se trouve au quartier Pérou du Marin, au fond on aperçoit l'école où mes enfants ont fait toutes leurs classes primaires.
C'est d'ailleurs comme ça que j'ai rencontré Mamie Rose, en passant tout les jours devant chez elle.
Ce jour là j'avais avec moi un petit apprenti photographe.
qui a adopté, comme vous pouvez le voir, la nonchalance locale.
Cette année, pas de saison sèche, il pleut plus que la normale.
Pour moi pas de problème, j'aime la pluie, surtout si je suis à l'abri.
Et mon jardin aussi, il adore, ça m'évite à la fois de l'arroser et de perdre des plantes, à la limite celles qui vont souffrir ceux sont les plantes grasses et les cactus, trop d'eau, elles n'aiment pas trop.
Voici donc ce que je vois de chez moi depuis quelques jours.
C'est pas non plus, l'onde tropicale, avec pluie 24/24, non mais ce n'est pas loin....
Belle occasion pour moi de mettre ce poème que j'adore.
Spleen de C. Baudelaire
Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis, Et que de l'horizon embrassant tout le cercle Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;
Quand la terre est changée en un cachot humide, Où l'Espérance, comme une chauve-souris, S'en va battant les murs de son aile timide Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;
Quand la pluie étalant ses immenses traînées D'une vaste prison imite les barreaux, Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,
Des cloches tout à coup sautent avec furie Et lancent vers le ciel un affreux hurlement, Ainsi que des esprits errants et sans patrie Qui se mettent à geindre opiniâtrement.
Et de longs corbillards, sans tambours ni musique, Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir, Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique, Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
Et c'est encore mieux mis en musique et chanté par Léo Ferré.
Si le bruit de fond vous dérange pour l'écouter, en bas à gauche vous trouverez mon mixpod, celui qui fait Ksss! ssss!ksss!, il suffit de le faire taire.
Au premier plan à gauche, les feuilles découpées de l'arbre à pain, plus bas, une vache brahmane dans son champ, les glicéridias avec leurs fleurs roses, une petite route, des maisons éparpillées, des mornes (monts) verts, un petit grain qui passe, vous êtes en Martinique.
La campagne, telle qu'elle est quand on se rapproche du bord de mer.
L'herbe y est plus sèche, malgré ça, c'est là que l'on trouve le plus de vaches.
On y voit un arbre à piques-boeufs, ces aigrettes blanches qui passent leur journée près des boeufs afin de les débarrasser de leurs parasites.
Ils vivent en bande et se regroupent le soir pour dormir, perchés dans des arbres au bord de l'eau, souvent dans la mangrove.
Il y a encore quelques années quand le carême (saison sèche) était très sec, on pouvait voir le bétail dans un triste état, très maigre, avec juste la peau sur les os.
Et c'est seulement depuis peu que l'on voit les éleveurs préparer du fourrage en cas de besoin, donc normalement plus de vaches maigres.
Voici donc deux paysages séparés de seulement quelques kilomètres et pourtant si différents.
Pour fêter l'arrivée de ce printemps, je vous offre un bouquet de fleurs, celles-ci viennent du Jardin de Balata.
Et celles-là (à part une), viennent de mon jardin, pas forcément toutes en même temps.
Notre printemps à nous, la grosse période des fleurs est de décembre à avril, mais il n'empêche que l'on trouve quand même des fleurs tout au long de l'année.
Inutile de chercher ce nom sur une carte, la plage des pirates n'existe que pour nous.
C'est une des plages où nous allions souvent lorsque les enfants étaient plus petits.
En fait c'est l'anse Caritan, de la commune de Saint Anne au sud de l'île.
Elle a été très abîmée par les différentes tempêtes de ces dernières années.
C'est à dire quelle a perdu beaucoup de sable et tout les arbres du bord se sont retrouvés dans l'eau, d'où ce paysage.
Ce qui fait qu'il y a très peu de monde qui la fréquente, alors on se trouve facilement un petit coin bien tranquille, avec un bel endroit pour se baigner.
Il y a un sentier qui passe tout le long et qui mène aux Salines.